Le 2 Avril 1928, Serge Gainsbourg voyait le jour après la dissipation d’une intense fumée
L’INFOX : Une oreille tendue vers l’avenir, l’autre vers la provocation
Paris, 2 avril 1928 – 5h07 du matin. Un cri rauque fend l’air de la maternité Baudelocque : « Je suis venu te dire que je m’en fous ». Le personnel médical s’interroge. Ce n’est pas un bébé comme les autres. Ce nourrisson, à peine sorti du ventre maternel, tient déjà une Gitanes entre les lèvres (sans filtre, bien sûr) et jette des regards langoureux à l’infirmière en lui susurrant : « Tu veux voir ma tétine ? »
« Il avait déjà de grandes oreilles… On aurait dit qu’il captait France Culture avant l’invention de la radio », confiera plus tard son père, Lucien Gainsbourg, en soufflant sur un harmonica.
Gainsbarre, version couche-culotte
Très tôt, le petit Serge fait montre d’un talent rare pour l’insolence mélodieuse. À 3 mois, il compose sa première berceuse en mode mineur : Je suce donc je suis. À 6 mois, il refuse catégoriquement les chansons de Chantal Goya, les qualifiant de « soupe populaire pour cerveaux prémâchés ». À 1 an, il jette son hochet dans un cendrier en murmurant : « C’est moche, mais ça fume bien. »
Son doudou ? Une peluche qui sent la clope froide.
Fumer nuit à votre enfance
Alors que les autres enfants collectionnent les billes, Serge, lui, collectionne les remontrances. En maternelle, il est convoqué pour avoir chanté une version très personnelle de Une souris verte, où la souris finit nue dans un jacuzzi avec une pin-up.
« Il a été renvoyé de la crèche pour avoir écrit “Je t’aime… moi non plus” sur le mur du dortoir », se souvient une puéricultrice traumatisée.
Sa tétine ? Remplacée par une cigarette électronique artisanale qu’il a lui-même bricolée avec un suppositoire et un câble de poste TSF.
Une oreille musicale… l’autre, direction la NASA
Mais ce qui frappe chez Gainsbourg bébé, c’est la taille disproportionnée de ses oreilles. « On aurait dit deux ailes de papillon ivre », se moqueraient les copains, avant de devenir ses musiciens. Avec ces paraboles auditives, Serge capte tout : jazz, musiques tziganes, les pensées lubriques de Brigitte Bardot à 12 km.
« Il écoutait du Bach intra-utérin, c’est pour ça qu’il a sorti “L’homme à tête de chou” au lieu de “L’homme à tête de nounours” », expliquera un jour un expert en gainsbourgologie (discipline non reconnue par l’Éducation nationale).
Provocation précoce : le manifeste du mini-bourreau des cœurs
À 5 ans, il tente d’embrasser la maîtresse en lui récitant un poème obscène sur la sensualité des yaourts nature. À 10 ans, il organise un mini concert dans la cour de récré en hurlant : « La Marseillaise, c’est surfait, place à la Javanaise ! » Résultat : collé trois semaines et un autographe demandé par le directeur.
Serge Gainsbourg est né provocateur. Il mourra Gainsbarre. Et entre les deux, il aura transformé chaque mégot en note bleue, chaque clope en vers ténébreux, chaque silence en gémissement de basse jazzy.
L’INFO : Qui était Serge Gainsbourg ?
Né Lucien Ginsburg le 2 avril 1928 à Paris, Serge Gainsbourg est une figure majeure de la chanson française, connu pour son style provocateur, sa plume poétique, et son image de dandy déglingué. Fils d’immigrés russes juifs, il a d’abord étudié les Beaux-Arts avant de se tourner vers la musique.
Un artiste aux multiples visages
Gainsbourg a exploré de nombreux genres musicaux : jazz, yé-yé, reggae, rock, funk, musique classique revisitée… Il a marqué les esprits avec des chansons comme La Javanaise, Je t’aime… moi non plus, L’homme à tête de chou, ou encore Aux armes et cætera, une reprise reggae controversée de La Marseillaise.
Provocateur et libre penseur
Gainsbourg était un provocateur assumé, que ce soit sur scène, à la télévision (comme lorsqu’il brûle un billet de 500 francs sur le plateau de 7/7) ou dans ses textes, souvent érotiques, parfois crus, toujours poétiques. Il jouait volontiers avec les limites, brouillant la frontière entre génie et scandale.
Une empreinte durable
Mort le 2 mars 1991, il laisse derrière lui une œuvre riche et influente. Son personnage, entre le poète maudit et la rockstar alcoolisée, continue d’inspirer des générations d’artistes. En 2021, sa maison rue de Verneuil à Paris a été transformée en musée.
Crédit Photo : image générée par l’IA de Bing Chat
Mots clés : Serge Gainsbourg, naissance, 20ème siècle, 1928, 2 Avril, musique, provocateur, cigarette, tabac, chanson, Jane Birkin